« Je peins depuis toujours. C’est comme manger, c’est naturel » dit-elle. Avec un grand-père et une maman artiste peintre, la jeune femme avait de quoi nourrir la palette de son imagination. Née en Allemagne il y a presque 25 ans, Lucie Guyot arrive à Strasbourg à sept ans. Au lycée international, elle opte pour la section littéraire, qui propose des cours d’histoire de l’art et d’arts plastiques. « C’est au lycée que j’ai commencé à peindre plus sérieusement, sur de plus grand formats ».
Pourtant, pendant ses quatre premières années d’études en communication, à Paris, elle pose un peu le pinceau pour se concentrer sur sa formation universitaire. « Je ne peignais plus autant qu’avant, je n’avais plus le temps. A la place, je remplissais un cahier d’idées ».
Mais pendant ces années parisiennes, parenthèse où elle ne peint presque plus, Lucie apprend à connaître les outils communicationnels du domaine artistique. Elle réalisera d’ailleurs un mémoire sur « les outils de communication au service de la promotion des jeunes créateurs »… Elle y apprend aussi ce qu’elle ne veut pas faire : « Le milieu de la communication commerciale et celui de la publicité m’ont effrayée. Je ne me sentais pas du tout à ma place ».
Et sa place, c’est la peinture. Son diplôme en poche, il est temps d’ouvrir le « cahier d’idées », de reprendre sa vie en couleurs. La jeune autodidacte est repérée au concours « Paris jeunes talents » de la mairie de Paris, elle expose à deux reprises et collabore avec Gaz de France lors de la Foire de Paris. Peu à peu, les expositions se multiplient.
Mais depuis un mois, sa place, c’est aussi ici. Lucie Guyot vit aujourd’hui à Landerneau et expose une vingtaine de toiles à la poste, à partir de lundi et jusqu’au 1er avril. La jeune artiste a-t-elle fui l’agitation parisienne ? « Non, mais à Paris ce qui m’inspirait, c’était le manque d’oxygène, de nature, l’omniprésence de la pub. C’est vrai qu’au début ici, j’avais un peu peur. Je me demandais si le dynamisme urbain allait me manquer. En fait, pas du tout ! » Alors, que trouve-t-elle dans la région ? « Une autre inspiration peut-être. Ici on peut mûrir les choses plus tranquillement. En plus, je trouve qu’ici les gens sont gentils, disponibles et plus à l’écoute », sourit-elle.
Bientôt ces gens-là découvriront ce que la région aura inspiré à la jeune artiste. En attendant, à eux de découvrir, à la poste, ce qu’elle apporte. Un artiste qui s’installe dans une ville, c’est toujours une bonne nouvelle. Alors bienvenue.
Joel Langonné